Construire un petit espace de compostage à domicile

Vous serez heureux d'apprendre que le compostage est à la portée de tous, il suffit d'appliquer quelques principes élémentaires.

Si vous respectez ces règles, votre compost sentira bon, il n'attirera pas la vermine et ne dérangera pas vos voisins par son aspect.

Peut-être vivez-vous en appartement ? Qu'à cela ne tienne, le vermicompostage est une technique parfaitement adaptée à votre situation.

Peut-être craignez-vous de produire trop de compost ? Soyez rassuré, une famille de 3 personnes possédant un jardin produit en moyenne de quoi obtenir 2 gros sacs de compost par an. Ce qui est juste assez pour fertiliser un petit jardin.

Le sol de mon jardin a besoin de ce que je jette!

Notre poubelle est chargée de matières dont nous pourrions faire meilleur usage. En effet la matière organique est vitale pour le sol de notre jardin : c'est grâce à elle que les particules minérales tiennent ensemble.

Cette cohésion permet au sol de résister à l'érosion et au tassement, elle lui procure la structure qui permet à l'air et à l'eau de se frayer un chemin jusqu'aux racines, elle allège le sol qui peut alors se travailler plus facilement.

La matière organique sert aussi d'aliment aux organismes du sol, particulièrement ceux qui vivent en symbiose avec les plantes et leur apportent les éléments dont elles ont besoin.

Le compost, c'est de la matière organique enrichie, épurée et stabilisée ; à ce titre elle vous sera très utile :

1. En apportant régulièrement du compost au sol de votre jardin, vous n'aurez plus besoin d'utiliser des engrais chimiques, vous ferez des économies et votre jardin sera plus naturel.

2. Le compost permet "d'alléger" les sols argileux en améliorant leur structure, la terre se travaille aisément et les mauvaises herbes s'arrachent plus facilement.

3. Il permet aussi de "donner du corps" aux sols sableux, le compost leur permet de retenir les nutriments et l'eau.

4. De fait, les jardiniers qui utilisent du compost doivent beaucoup moins arroser, certains n'arrosent pas du tout, car le compost retient l'eau.

5. Les plantes cultivées avec du compost sont beaucoup plus résistantes aux maladies et aux insectes ravageurs.

6. Les plantes sont aussi plus belles, les légumes ont meilleur goût et peuvent donner des rendements extraordinaires.

7. Il faut encore ajouter que le compost permet de stabiliser le pH du sol et comble toutes ses carences.

Le compostage, comment ça se passe ?

Le compostage est la transformation aérobie (en présence d'oxygène), par des organismes vivants, de la matière organique. Voyons  ce qui se passe lorsque l'on entasse convenablement de la matière organique fraîche :

1. Des animaux et micro-organismes vont commencer à coloniser la matière et à se reproduire. Ces organismes proviennent de la terre en dessous du compost, des déchets eux-mêmes ou du vieux compost que l'on aura peut-être ajouté aux matières fraîches.

2. Suite à l'activité des bactéries, la température va monter jusqu'à 50 à 80°C, ce qui va permettre d'accélérer la décomposition et détruire les germes de maladies et les graines de mauvaises herbes.

3. En consommant le carbone, les micro-organismes vont faire diminuer le volume des matières à composter. Après un an, il restera un tiers de la masse de départ.

4. A la fin, les organismes du compost vont transformer les molécules les plus coriaces (la lignine) en humus, la température aura alors baissé et le compost sera enrichi en nutriments et particulièrement en azote.

5. On ne pourra plus distinguer la forme des matières premières, on aura obtenu un terreau de couleur brune, aéré et grumeleux. Le tas sentira bon la forêt suite à l'action des actinomycètes qui sont des moisissures grises.

Comment faire un bon mélange à composter ?

Pour faire un bon compost, il faut mélanger des ingrédients de nature différente, concrètement il vous suffira de respecter une règle simple :

Un bon compost sera constitué d'approximativement 50% de matières vertes fraîches et molles et de 50% de matières brunes, sèches et dures.

Par exemple, vous pouvez mélanger des feuilles mortes ou des tailles de haies broyées avec de l'herbe ou des déchets de cuisine.

Les matières vertes, molles et humides sont généralement riches en azote et en sucres facilement métabolisables.

Les matières brunes (ou jaunes), dures et sèches sont généralement riches en carbone, c'est ce qu'on appelle des matières structurantes parce qu'elles finissent par former l'humus et qu'elles donnent aussi de la structure au compost.

Suivre l'évolution du processus

La température est le principal indicateur de l'évolution d'un compost, elle rend bien compte de l'activité des myriades d'organismes qui l'habitent. Normalement, la température du compost augmente rapidement et se maintient entre 50 et 80 °C au centre de la masse, durant plusieurs semaines. Attention, un petit tas de compost ne chauffera pas si la température extérieure est trop basse.

L'humidité du tas est très importante : il faut de l'eau pour que les micro-organismes se développent, toutefois s'il y a trop d'eau l'air ne passe plus et on obtient des conditions "anaérobies" défavorables au bon déroulement du compostage.

On vérifie l'humidité du compost en en prenant une poignée et en la pressant, quelques gouttes et quelques gouttes seulement doivent perler entre les doigts. On peut aussi planter une tige métallique dans le compost, et après quelques minutes, elle doit être chaude et humide.

Le tas de compost doit prendre une bonne odeur de sous-bois.

S'il sent le purin ou l'ammoniaque, c'est qu'il y a trop d'azote et pas assez de matières carbonées (copeaux, paille, feuilles), il faudra en rajouter.

S'il sent l'œuf pourri il faudra retourner le tas et éventuellement l'abriter de la pluie (laisser passer l'air !) ou y mélanger des matériaux structurants.

Le processus est accompli après 2 mois à 2 ans selon les cas. Le compost est mûr lorsque le tas ne chauffe plus, lorsque la matière à l'aspect noir et grumeleux d'un bon terreau et qu'il sent l'humus forestier. A ce stade, il regorge de vers à compost.

Si cela se passe mal, on peut agir en retournant le compost (cela suffit parfois) et en y ajoutant selon le cas, de l'eau (compost trop sec) ou des matières structurantes, riches en carbone (compost trop humide ou comprenant trop de tontes de pelouse). Parfois il faut aussi rajouter des matières riches en azote.

Quelle méthode de compostage choisir en fonction de vos déchets et de votre espace ?

Le premier pas pour bien composter consiste à choisir une méthode et un récipient adapté à sa situation.

Les deux questions à se poser sont : Quelles sont mes matières premières ? Et de combien d'espace est-ce que je dispose ?

Lorsque l'on vit en appartement, on dispose au minimum de déchets de cuisine et d'un peu d'espace sur la terrasse, dans la cuisine ou ailleurs. Dans cette situation le vermicompost est la solution idéale. On trouvera toujours un peu de place pour ce sympathique récipient qui produira un petit peu de compost pour les plantes d'intérieur et deviendra vite une attraction pour les amis et les enfants.

Pour ceux qui ont la chance d'avoir un petit jardin (moins de 3 ares), ils disposent en plus de matières telles que des tontes de pelouse, des tailles de haies, des mauvaises herbes, des feuilles mortes,… Ces ingrédients et le petit peu de place dont ils disposent à l'extérieur leur permettront d'installer un fût à compost. En effet un jardin de 10 mètres sur 10 produira en été trop de matières pour un petit vermicompost d'intérieur et pas assez pour remplir un bac de 1 m3 ou former un tas qui n'aurait d'ailleurs pas sa place dans un tel jardin.

Un jardin de bonne taille (de 3 à 10 ares) produira, par contre, assez de déchets pour remplir un ou plusieurs bacs à compost de 1 m3 qui s'intégreront bien dans le jardin. Un fût par contre sera vite rempli et on risque de faire le choix de n'y mettre que les tailles de haies et le gazon qui, dans ce récipient, composteront mal sans les déchets de cuisine.

Concrètement, ici il s'agit ici de réaliser un espace de compostage qui permettra d'entasser proprement, en laissant passer l'air, les matières à composter. Cet espace peut aisément être construit avec quelques palettes de récupération ou même du treillis métallique. Pour plus de commodité on pensera à prévoir un espace similaire, construit en palettes ou treillis, afin de stocker les matières carbonées (feuilles mortes, broyat, pailles, herbes sèches,...) à mélanger aux déchets verts et de cuisine.

Le tas par contre s'impose pour ceux qui disposent d'un véritable petit domaine comprenant des arbres, des pelouses, des plantations ornementales, un potager, un verger,… Ici on dispose de matières variées en abondance et on a besoin de quantités importantes de compost pour entretenir les plantations, le tas convient donc parfaitement.

D'autres méthodes existent également et peuvent trouver leur place dans certains jardins :

1. La « lasagne » : il s'agit de constituer une butte de 180 cm de large en déposant d'abord des branches, puis une couche de tontes, puis des branches et ainsi de suite pour finir par de la terre ou du compost ou un mélange des 2. On obtient de la sorte une butte de culture très fertile au départ de déchets de jardin.

2. Le mulching qui consiste simplement à laisser les déchets organiques végétaux en surface, sur le sol du potager afin qu'ils se décomposent. Cette méthode est notamment illustrée par le jardin forêt.

3. Les poulailler : les poules sont des omnivores accomplies qui transforment tous les déchets organiques en œufs, poulet de chaire ou encore en fiente de poules, un fertilisant organique très riche. Là où c'est possible, il se pourrait bien qu'un poulailler remplace avantageusement le compostage.

4. Le tas de compost comme système de chauffage : Plus anachronique, ce système a été mis au point dans les années 70 par le Français Jean Pain, grand développeur du compost de broussaille en France. Des tas de compost construits autour de serpentins de tuyaux plastique PE ont permis de chauffer des bâtiments et une serre, pendant, selon la taille du tas, entre 6 mois et 2 ans.

Un tas de 50 tonnes (environ 150 m³) a permis de produire de l'eau à 60° (température de l'eau entrante = 10°C) pour un débit de 240 l/h pendant plus de 6 mois, permettant de chauffer une petite maison totalement, eau chaude sanitaire incluse.

Jean Pain chauffa par ailleurs une serre tunnel de 100 m² au moyens d'un tas d'environ 50 m³.

5. Les toilettes sèches, parfois appelées aussi « toilettes à compost » font appel au même processus en y intégrant cette fois les excréments humains. 

Mais, surtout, pour avoir ces conseils en pratiques, rejoignez-nous, le jeudi 7/06 pour notre chantier participatif de construction de la zone de compostage. Infos ici